Investir en période de récession : bonne idée ou risque ?

En 2020, certains indices boursiers ont connu des hausses inattendues alors que l’économie mondiale était en pleine contraction. Les marchés ne suivent pas toujours la trajectoire de l’économie réelle : cette dissociation brouille les repères habituels, surtout en période de turbulence.

Des investisseurs institutionnels continuent d’allouer des capitaux même lorsque la confiance globale s’effrite. Les stratégies évoluent, les risques se redessinent, mais les opportunités ne disparaissent pas pour autant.

Récession : faut-il vraiment s’inquiéter pour ses investissements ?

La récession frappe autant les foyers que les marchés financiers. Deux trimestres de croissance en berne suffisent à installer la défiance, chacun guettant le moindre signe de redressement ou de décrochage. La mémoire collective garde l’empreinte des grandes crises financières mondiales. Pourtant, le marché boursier connaît ses propres règles, souvent imprévisibles. Là où certains voient un terrain miné, d’autres repèrent des brèches à explorer. Toute crise économique génère son lot d’opportunités pour ceux qui osent regarder au-delà du bruit ambiant.

Regardons les faits : la crise de 2008 a vu les marchés plonger, mais après la tempête, les indices ont connu des progressions spectaculaires. Investir pendant une récession n’est pas synonyme de prise de risque déraisonnée. Les cycles économiques s’imposent, chaque classe d’actifs réagit à sa manière. Certaines valeurs dévissent, d’autres tiennent bon, parfois même s’apprécient. Les secteurs qualifiés de « défensifs », santé, alimentation, services aux collectivités, traversent souvent ces zones de turbulence avec plus de sérénité.

Alors, faut-il se retirer, patienter ou poursuivre l’aventure ? Les réponses varient selon le profil. Les institutionnels modifient leurs allocations, déplacent les capitaux, anticipent plusieurs scénarios. Les particuliers, eux, observent la volatilité, hésitent : renforcer leurs portefeuilles, attendre ou miser à contre-courant ? Investir en période de récession, c’est s’engager sur une ligne de crête, entre prudence et anticipation, au gré des incertitudes du marché.

Quels atouts et quels pièges quand on investit en période de crise ?

Une période de crise vient bouleverser toutes les habitudes. Pour les investisseurs expérimentés, ces périodes sont autant révélatrices de possibilités que de dangers. Lorsque les actions perdent pied, il n’est pas rare que la valorisation de certaines entreprises tombe sous leur valeur intrinsèque. Des titres affichent alors des rendements plus séduisants, notamment grâce au dividende. Mais l’ombre du risque de perte en capital plane sans relâche. Côté stabilité, les valeurs dites défensives, santé, alimentation, énergie, tirent leur épingle du jeu. Quant aux valeurs refuges comme l’or ou certaines obligations d’État, elles retrouvent la faveur des investisseurs prudents. Les ETF, de leur côté, permettent de diversifier et de limiter l’exposition à une seule entreprise.

Voici différents produits financiers et leurs particularités lorsque l’incertitude gagne :

  • Les livrets réglementés (livret A, LDDS, LEP) protègent le pouvoir d’achat face à l’inflation, au prix d’un rendement modéré.
  • Les fonds euros intégrés à l’assurance-vie sécurisent le capital, mais la performance reste en retrait.
  • Le compte à terme se distingue par sa simplicité, bien qu’il soit sensible à l’évolution des taux d’intérêt.

L’immobilier, souvent considéré comme un refuge, traverse lui aussi des périodes contrastées : hausses ou baisses de prix, conditions de crédit plus strictes, rendement locatif sous pression. Dans cette période agitée, diversifier ses investissements prend tout son sens. Miser sur une seule classe d’actifs ou se réfugier exclusivement dans les produits garantis peut rapidement devenir un piège. Durant la crise, il faut trouver le bon équilibre entre l’espoir d’un rebond et le risque d’une nouvelle déflagration.

Stratégies concrètes pour investir intelligemment malgré la tempête

Dans la tourmente, la diversification reste l’alliée la plus fiable. Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier : répartir les investissements, varier les secteurs, les zones géographiques et les types de placements, voilà la base d’un portefeuille diversifié. Cette approche permet d’amortir les chocs et d’exploiter les dynamiques propres à chaque segment.

Le market timing, prévoir avec précision les moments d’achat et de vente, relève souvent du fantasme. À la place, privilégier un plan d’investissement progressif s’avère bien plus solide. Investir une somme périodiquement, quel que soit l’état du marché, permet de lisser les prix d’entrée et de réduire l’impact des fluctuations soudaines. Cette méthode, aussi connue sous le terme DCA (Dollar Cost Averaging), impose une discipline bienvenue et atténue les effets de la volatilité.

La gestion passive, via les ETF, offre une alternative robuste : suivre la performance d’un indice mondial ou sectoriel, miser sur la stabilité à long terme. À l’opposé, ceux qui privilégient la gestion active s’orientent vers le stock picking : identifier les entreprises qui, malgré la tempête, présentent un potentiel sous-estimé. Cette approche exige une réelle expertise et une capacité à garder la tête froide sans céder aux mouvements de panique.

Quel que soit le choix, il reste indispensable d’ajuster la stratégie à son horizon de placement, au niveau de risque accepté et à ses besoins de liquidité. Si la crise bouscule les certitudes, elle force aussi à plus de lucidité et d’exigence dans l’analyse.

Femme dehors devant une banque tenant une tablette avec graphique

Ressources et conseils d’experts pour aller plus loin en toute confiance

Même si la récession sème le doute, il existe une multitude de ressources fiables et d’experts pour guider les choix. Les analystes du Café de la Bourse publient régulièrement des analyses pointues sur le CAC 40, le S&P 500 ou le Nasdaq. Leurs études, nourries de données concrètes, aident à affronter la volatilité sans verser dans l’alarmisme.

Pour examiner de près la performance des fonds ou explorer la gestion passive, les outils de Morningstar font figure de référence. On y compare les fonds, on épluche les historiques, on consulte des notations indépendantes pour se forger une opinion solide. Pour aller plus loin dans la compréhension de la diversification ou du DCA, les plateformes pédagogiques comme Nalo proposent des simulations et des articles adaptés à chaque situation.

À consulter pour structurer sa réflexion :

  • Banque du Canada : analyses macroéconomiques et scénarios sur les cycles de crise économique
  • NRG Partners : études sectorielles, focus sur la technologie et les grandes valeurs comme Microsoft, Apple ou Amazon
  • Conseiller financier indépendant : pour ajuster sa stratégie face au risque de perte de capital

En période de récession, l’incertitude s’invite partout, mais l’information fiable n’a jamais été aussi accessible. Ceux qui savent questionner, comparer, et s’entourer des bonnes ressources traversent la tempête avec plus de sérénité. Rien n’empêche de voir plus loin que la crise, dès lors qu’on outille sa réflexion et qu’on garde le cap sur ses convictions.

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