Valérie Mairesse, née le 8 juin 1954 dans le 8e arrondissement de Paris, a traversé plusieurs décennies de vie publique française. Entre sa carrière d’actrice lancée aux côtés de la troupe du Splendid, ses rôles au cinéma avec Agnès Varda et ses apparitions télévisées, la question de l’équilibre entre vie privée et exposition médiatique s’est posée à chaque étape.
Valérie Mairesse entre cinéma et télévision : deux carrières parallèles
Le parcours professionnel de Valérie Mairesse ne suit pas une trajectoire linéaire. Il se découpe en phases distinctes, chacune associée à un medium dominant et à un degré d’exposition publique différent.
| Période | Medium principal | Rôles ou activités marquants | Exposition médiatique |
|---|---|---|---|
| Années 1970 | Théâtre (Splendid) | Régie puis rôle dans Ma tête est malade | Modérée (scène parisienne) |
| Fin des années 1970 | Cinéma | L’une chante, l’autre pas (Agnès Varda), Repérages | Forte (festivals, presse cinéma) |
| Années 1980 | Cinéma grand public | C’est pas moi, c’est lui, Le Coup du parapluie | Très forte |
| Années 1990-2000 | Télévision | Animation, chroniques (On a tout essayé) | Forte (quotidienne) |
| Depuis les années 2010 | Apparitions ponctuelles | Rôles secondaires, interventions médiatiques choisies | Faible (volontaire) |
Ce tableau met en évidence un schéma rarement commenté : l’exposition médiatique de Valérie Mairesse a décru par choix, pas par défaut. Le passage du cinéma à la télévision dans les années 1990 aurait pu maintenir une visibilité permanente. Le retrait progressif des plateaux quotidiens correspond à une décision assumée.

Engagement féministe et autonomie artistique : le rôle fondateur avec Agnès Varda
La plupart des portraits de Valérie Mairesse se concentrent sur la troupe du Splendid ou sur sa relation avec Thierry Lhermitte. Un aspect structurant de sa carrière reste sous-analysé : son travail avec Agnès Varda dans L’une chante, l’autre pas, sorti en 1977.
Ce film aborde frontalement la question de l’avortement et des droits des femmes. Pour Valérie Mairesse, ce rôle n’a pas été un simple tremplin professionnel, mais un geste d’autonomie artistique et politique plutôt qu’une péripétie de carrière parmi d’autres.
Le lien entre cet engagement précoce et ses choix ultérieurs de carrière mérite d’être examiné :
- Le choix de travailler avec Varda, cinéaste militante, à une époque où le cinéma commercial offrait des rôles féminins souvent stéréotypés, indique une orientation artistique délibérée dès le départ.
- Son départ du Splendid, souvent réduit à la rupture sentimentale avec Thierry Lhermitte, peut aussi se lire comme la conséquence d’une trajectoire personnelle qui divergeait du registre comique pur de la troupe.
- Sa discrétion médiatique actuelle prolonge cette logique : refuser de se laisser définir par les attentes du public ou de la presse people.
Vie privée de Valérie Mairesse : de la médiatisation subie au retrait choisi
La relation entre Valérie Mairesse et Thierry Lhermitte a été abondamment documentée. Leur couple a coïncidé avec la période la plus visible de la carrière de l’actrice, au sein du Splendid. La rupture, survenue alors que la troupe était au sommet de sa popularité, a eu des répercussions professionnelles directes : Valérie Mairesse a quitté le groupe.
Ce qui est moins souvent relevé, c’est l’évolution de son rapport à la médiatisation après cet épisode. Valérie Mairesse a progressivement cessé de commenter sa vie sentimentale dans la presse. Cette réserve médiatique n’est pas le résultat d’un oubli du public, mais d’un mouvement volontaire.
Un repositionnement vers la maternité
Mère de deux enfants, Valérie Mairesse parle désormais de sa maternité avec moins de réticence que de ses anciennes relations amoureuses. Ce glissement est significatif. Là où la presse people cherche le récit du couple (formation, rupture, nouvelle relation), l’actrice propose un autre cadre : celui de la parentalité comme ancrage identitaire.
Ce repositionnement n’a rien d’anodin dans le paysage médiatique français. Pour une actrice dont la notoriété s’est construite en partie autour d’une relation sentimentale très publique, se définir comme mère plutôt que comme « ex-compagne de » constitue une reprise de contrôle sur son image.
Valérie Mairesse et le Splendid : ce que la rupture révèle de l’industrie du spectacle
L’éviction de Valérie Mairesse du Splendid après sa séparation avec Thierry Lhermitte pose une question qui dépasse le simple fait divers sentimental. Dans une troupe où vie professionnelle et vie privée s’entremêlent, la fin d’un couple peut signifier la fin d’une collaboration.
Valérie Mairesse est revenue sur cet épisode à plusieurs reprises, qualifiant la situation de rupture à la fois amoureuse et professionnelle. Les données disponibles montrent que son départ du Splendid a coïncidé avec une réorientation complète : passage au cinéma d’auteur, puis à la télévision, puis à une présence médiatique de plus en plus espacée.
En revanche, les autres membres de la troupe (Josiane Balasko, Michel Blanc, Gérard Jugnot, Christian Clavier) ont poursuivi des carrières cinématographiques majeures tout au long des années 1980 et 1990. Le Splendid a fonctionné comme un accélérateur pour ceux qui y sont restés, et comme un point de bifurcation pour Valérie Mairesse.

L’enfance de Valérie Mairesse à Casablanca, où son père dirigeait une banque, l’a tenue éloignée du milieu du spectacle parisien jusqu’à ses 18 ans. De retour en France en 1972, elle a intégré le Splendid presque immédiatement. Cette trajectoire rapide, d’une jeunesse marocaine à membre d’une troupe qui allait marquer le paysage comique français, explique peut-être la facilité avec laquelle elle a su prendre de la distance avec ce même milieu.
L’équilibre entre vie privée et carrière, chez Valérie Mairesse, ne relève pas d’une formule magique. Il s’est construit par une série de choix concrets : un rôle militant avec Varda, un départ du Splendid, un silence progressif sur sa vie sentimentale, et une identité recentrée sur la maternité.

